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Revue de presse du 7 octobre - advocaciz

Alexandra Richert
il y a 6 heures
6 min de lecture

➡️ L’Europe redécouvre la préférence européenne


La part des composants européens dans les véhicules produits sur le continent est passée d’environ 80 % en 2000 à 60 % aujourd’hui. Bruxelles envisage désormais d’introduire des critères de préférence européenne dans les marchés publics et certaines aides.

Pendant trente ans, l’Union européenne a organisé son marché autour de la concurrence et du prix. Les États-Unis n’ont jamais complètement suivi cette doctrine. Le Buy American Act date de 1933 et l’Inflation Reduction Act de 2022 a ajouté plusieurs centaines de milliards de dollars d’incitations largement conditionnées à une production nord-américaine.


La Chine a suivi une autre voie : subventions, commande publique, accès au crédit et construction de filières complètes. Elle produit aujourd’hui autour de 70 % des batteries pour véhicules électriques dans le monde.


L’Europe ne découvre donc pas le protectionnisme. Elle constate qu’elle était l’une des dernières grandes puissances économiques à hésiter à s’en servir.


➡️ Réindustrialiser la France avec une fiscalité d’économie de services


Les impôts de production représentent environ 3,2 % du PIB en France, contre 0,8 % en Allemagne et 0,4 % en Espagne.

C’est une vieille singularité française. Une partie de ces prélèvements frappe l’entreprise indépendamment de son bénéfice, notamment à travers le foncier ou la valeur ajoutée. Les baisses engagées depuis 2021 ont réduit l’écart sans le faire disparaître.


La France cherche pourtant à refaire ce qu’elle a défait pendant quarante ans. L’industrie représentait près d’un quart de la valeur ajoutée française au début des années 1980. Elle en représente aujourd’hui autour de 10 %, l’un des niveaux les plus faibles des grandes économies européennes.

Une usine se décide pour vingt ou trente ans. Dans le calcul d’un industriel, quelques points de coûts récurrents peuvent compter davantage qu’une subvention spectaculaire versée à l’installation.


➡️ 140 milliards : la présidentielle commence par les comptes


Marine Le Pen annonce 140 milliards d’euros d’économies sur cinq ans et veut ramener le déficit public sous 3 % du PIB en 2028.

La France n’a plus connu d’excédent budgétaire depuis 1974. La dette représentait environ 20 % du PIB au début des années 1980, autour de 60 % au début des années 2000 et dépasse désormais 110 %.


Pendant longtemps, la baisse des taux a rendu cette progression supportable.

Cette parenthèse est refermée. Les intérêts de la dette redeviennent une dépense qui entre directement en concurrence avec l’éducation, la défense, la santé ou l’investissement.


Les 140 milliards seront donc moins intéressants par leur affichage que par leur composition. Où coupe-t-on réellement ? Quelles recettes peuvent être effectivement encaissées ? Quels effets les mesures produisent-elles sur la croissance ? Après des décennies où les programmes pouvaient additionner les dépenses, 2027 pourrait être l’élection où il faudra surtout expliquer comment les payer.


➡️ Quand l’État emprunte cher, l’économie finit par le sentir


Les taux français à long terme se rapprochent de 4,8 %. Le chiffre paraît technique. Il concerne pourtant directement les ménages et les entreprises.

Les années de taux proches de zéro avaient profondément modifié l’économie. États, entreprises et particuliers pouvaient emprunter à très faible coût. L’immobilier en a été l’un des grands bénéficiaires : à mensualité identique, la baisse des taux augmentait mécaniquement la capacité d’achat.

Le mouvement fonctionne maintenant dans l’autre sens. La dette publique coûte davantage, les banques se refinancent plus cher et les conditions de crédit suivent.

La France retrouve une règle économique presque oubliée depuis quinze ans : le capital a un prix. Elle vaut pour l’achat d’un appartement comme pour l’investissement d’une PME ou les choix budgétaires de l’État.


➡️ BPCE met 1,2 milliard sur Sabadell


BPCE veut investir 1,2 milliard d’euros pour acquérir 7 % de Banco Sabadell, soit environ 200 millions d’actions.

L’Europe a créé une monnaie unique mais pas encore un véritable marché bancaire unique. Plus de vingt-cinq ans après l’euro, les grands établissements restent très nationaux.


À l’inverse, leurs concurrents américains disposent d’un marché domestique continental sur lequel ils peuvent amortir leurs investissements.

Or le métier bancaire coûte de plus en plus cher. Cybersécurité, conformité, intelligence artificielle, infrastructures de paiement : les investissements augmentent avant même de gagner un client supplémentaire.


Dans ce secteur, la taille devient une question de coût. L’investissement de BPCE en Espagne s’inscrit dans cette recherche d’échelle que l’Europe bancaire repousse depuis vingt ans.


➡️ Mistral : 119 milliards de paramètres et une bataille beaucoup plus large


Mistral AI lance Large 4, avec 119 milliards de paramètres, en misant sur un modèle moins lourd et moins coûteux que certains concurrents.

L’histoire du numérique européen explique l’importance du sujet. L’Europe a produit des champions des télécommunications, des logiciels et des semi-conducteurs, mais les plateformes américaines ont capté l’essentiel de la valeur créée par Internet. Google, Amazon, Microsoft et Meta ont ensuite utilisé cette puissance financière pour investir dans le cloud, puis dans l’intelligence artificielle.


L’IA accélère encore cette mécanique. Il faut financer simultanément les modèles, les centres de données, l’électricité et les puces. La puissance de calcul est devenue une infrastructure stratégique.

La question n’est donc pas de savoir si Mistral deviendra l’OpenAI français. Elle est de savoir si l’Europe peut conserver une partie de la technologie et de la valeur économique d’un outil appelé à irriguer l’ensemble de son économie plutôt que d’en devenir uniquement cliente.


➡️ Novo Nordisk fait entrer l’obésité dans le marché pharmaceutique de masse


Novo Nordisk prévoit de lancer en France en novembre Wegovy sous forme de comprimé, après la version injectable. Le marché potentiel est considérable : près de 10 millions d’adultes, soit environ 17 % de la population adulte française, sont en situation d’obésité.


Les médicaments de la famille des GLP-1 ont déjà changé la dimension économique de Novo Nordisk et de son concurrent Eli Lilly. L’essor du laboratoire danois a été tel qu’il a pesé sur les statistiques économiques de son pays.


Le passage de l’injection au comprimé peut encore élargir le marché. Une innovation thérapeutique devient beaucoup plus facilement un produit de masse lorsque son mode d’administration se banalise.


Reste la question qui accompagne toutes les ruptures pharmaceutiques coûteuses : qui paie ? Avec plusieurs millions de patients potentiels, la réponse de l’assurance-maladie et des complémentaires pèsera presque autant sur le marché français que l’efficacité du médicament.


➡️ L’habillement perd 6,4 % : le problème dépasse la mauvaise rentrée


Les ventes d’habillement ont reculé de 6,4 % en septembre, malgré les promotions.

Le secteur français accumule les alertes depuis plusieurs années : Camaïeu, Kookaï, Naf Naf, Burton ou San Marina ont illustré la fragilité d’un modèle construit autour de réseaux physiques importants.

Le pouvoir d’achat n’explique pas tout. Shein et Temu ont déplacé les références de prix. Vinted a fait entrer l’occasion dans la consommation courante. Les enseignes traditionnelles continuent de supporter loyers, stocks, magasins et personnel.


La consommation textile ne disparaît donc pas nécessairement dans les mêmes proportions que le chiffre d’affaires des enseignes historiques. Elle se déplace. C’est ce qui rend la crise plus structurelle : même un retour de la consommation ne garantit plus que l’argent reviendra dans les mêmes circuits.


➡️ 600 PME derrière les paquebots de Saint-Nazaire


Les Chantiers de l’Atlantique travaillent avec environ 600 PME. Ce chiffre raconte assez bien ce qu’est une industrie.

Un grand donneur d’ordre ne produit jamais seul. Autour de Saint-Nazaire travaillent bureaux d’études, métallurgistes, électroniciens, équipementiers, spécialistes de l’aménagement et entreprises de maintenance.


L’Allemagne a longtemps mieux protégé cette profondeur industrielle grâce à son Mittelstand, constitué de milliers d’entreprises spécialisées, souvent familiales, dont certaines occupent des positions mondiales sur des marchés très étroits.

C’est aussi ce qui rend la désindustrialisation si difficile à inverser. Fermer une usine prend quelques mois. Reconstituer les fournisseurs, les machines, les compétences et les savoir-faire accumulés autour d’elle peut prendre vingt ans.


Les 600 PME de Saint-Nazaire sont une autre mesure de la souveraineté industrielle, moins visible qu’une gigafactory à plusieurs milliards, mais beaucoup plus difficile à reconstruire une fois disparue.


➡️ Les lycéens entrent dans la séquence présidentielle


25 000 manifestants à Paris, près de 400 000 revendiqués dans toute la France, plusieurs centaines d’établissements bloqués ou perturbés : la mobilisation lycéenne a pris une dimension nationale.

La France connaît la capacité des mouvements étudiants et lycéens à sortir de leur terrain initial.


En 1986, le projet Devaquet avait été retiré après plusieurs semaines de mobilisation. En 2006, le CPE avait été adopté puis abandonné sous la pression de la rue.

Cette fois, le calendrier ajoute une donnée politique : une partie de ces lycéens votera à la présidentielle de 2027. Éducation, coût des études, logement, emploi, écologie et pouvoir d’achat constituent aussi leurs premières expériences concrètes de l’action publique.

À quelques mois de l’élection, les partis ne regardent donc plus seulement un mouvement scolaire. Ils voient apparaître une nouvelle cohorte d’électeurs.



Alexandra Richert

Attachée de presse et fondatrice du cabinet Advocaciz.

Experte en relations presse, relations publiques et gestion de crise réputationnelle.


 
 
 

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