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Revue de presse du 5 octobre

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Advocaciz
il y a 2 minutes
4 min de lecture

🛢️ Ormuz : comment remplacer 20 millions de barils par jour ?

Les tensions autour du détroit d’Ormuz poussent les pays importateurs et les producteurs du Golfe à chercher des itinéraires capables de maintenir les livraisons de pétrole en cas de perturbation du trafic. Près de 20 millions de barils y transitent chaque jour, environ un cinquième de la consommation mondiale. L’Arabie saoudite et les Émirats disposent d’oléoducs permettant d’acheminer une partie de leur production vers d’autres façades maritimes. Leur capacité reste très inférieure aux volumes empruntant Ormuz.

Le marché pétrolier dispose donc de plusieurs routes de substitution, mais aucune ne permet de déplacer rapidement 20 millions de barils quotidiens. Une interruption prolongée toucherait également le gaz naturel liquéfié exporté depuis le Golfe et ferait monter les coûts de fret et d’assurance.

La sécurité énergétique se mesure ici en capacités physiques : kilomètres d’oléoducs, terminaux, stockage, flotte maritime et volumes pouvant effectivement être redirigés. Ormuz reste stratégique parce que ces capacités alternatives sont insuffisantes.


🇺🇦 Ukraine : les robots prennent une place inédite dans la guerre

L’armée ukrainienne lance une nouvelle contre-offensive en s’appuyant fortement sur les drones et les systèmes robotisés. Jusqu’à 45 % des moyens engagés dans certaines opérations seraient désormais robotisés. Moscou poursuit parallèlement ses frappes de drones et de missiles sur Kiev et les infrastructures ukrainiennes.

Ce chiffre décrit aussi une transformation industrielle. La guerre consomme des drones aériens, des véhicules terrestres sans équipage, des composants électroniques, des batteries, des systèmes optiques et des logiciels à un rythme qui rapproche une partie de l’industrie de défense de la production de série.

Le calcul économique change avec elle. Un drone relativement bon marché peut repérer, immobiliser ou détruire un équipement valant plusieurs millions d’euros. La capacité à fabriquer en nombre, modifier rapidement les systèmes et remplacer les matériels perdus devient aussi importante que la sophistication des grandes plateformes militaires.


🚀 SpaceX à Kourou : l’Europe ouvre son port spatial à son principal concurrent

Un Falcon 9 de SpaceX doit être lancé depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, infrastructure construite pour assurer l’accès européen à l’espace. L’arrivée de l’entreprise d’Elon Musk intervient alors qu’Ariane 6 poursuit sa montée en cadence.

SpaceX a construit son avantage sur la réutilisation de ses lanceurs, une cadence de tirs très élevée et un carnet de commandes alimenté notamment par sa propre constellation Starlink. Plus les lancements sont nombreux, plus les infrastructures et les investissements sont amortis.

L’Europe possède ainsi l’un des principaux ports spatiaux mondiaux tout en accueillant l’entreprise qui a profondément bouleversé l’économie du lancement orbital. L’enjeu concerne directement les télécommunications, l’observation de la Terre, la défense, la navigation et la météorologie : tous ces secteurs ont besoin d’un accès régulier et disponible à l’orbite.


🤖 Cyberattaques : les agents IA commencent à travailler seuls

Les agents d’intelligence artificielle apparaissent désormais dans les cyberattaques. Ils peuvent participer à la reconnaissance d’un réseau, rechercher des vulnérabilités, produire du code et exploiter certaines failles.

Le changement tient à l’automatisation. Des tâches qui mobilisaient successivement du temps humain peuvent être exécutées beaucoup plus rapidement et sur davantage de cibles. Si le coût nécessaire pour tester une entreprise diminue, le nombre d’entreprises susceptibles d’être attaquées augmente.

Une organisation de taille moyenne peut ainsi devenir une cible rentable sans avoir été préalablement choisie par un pirate. Temps nécessaire pour identifier une faille, appliquer un correctif, détecter un comportement anormal ou isoler une machine : avec des attaques automatisées, le délai de réaction devient une donnée économique autant que technique.


🇨🇳 Chine : être indispensable avant d’avoir besoin de contraindre

La Chine utilise la taille de son marché et ses positions industrielles comme instruments d’influence. Le mécanisme tient aussi à la conviction, chez les entreprises et les États étrangers, qu’ils peuvent difficilement se passer du marché chinois.

La Chine représente environ 18 % du PIB mondial et occupe des positions centrales dans plusieurs chaînes de valeur, notamment les batteries, les terres rares, l’électronique et de nombreux composants industriels.

Une entreprise qui réalise une part importante de son chiffre d’affaires en Chine, ou un industriel dont les fournisseurs essentiels y sont implantés, intègre le coût potentiel d’une rupture dans ses décisions. Plus une dépendance est longue et coûteuse à remplacer, plus elle pèse dans les arbitrages.

Accès au marché, investissement, capacités industrielles, normes et approvisionnements deviennent ainsi des leviers de négociation. Leur efficacité commence avant même qu’une sanction ou une restriction commerciale soit décidée.


🧠 Intelligence artificielle : la France produit des entrepreneurs, l’enjeu est de conserver leurs entreprises

Plusieurs Français ont créé à l’étranger des entreprises d’intelligence artificielle devenues des licornes, tandis que les fonds européens accélèrent leurs investissements pour éviter que les prochaines sociétés prometteuses suivent le même chemin. Une véritable compétition s’installe entre investisseurs européens pour les start-up du secteur.

Le point de tension apparaît au moment du changement d’échelle. Entraîner les modèles, acheter de la puissance de calcul, recruter des chercheurs et financer une expansion internationale réclament des montants sans commune mesure avec ceux nécessaires au démarrage d’une jeune entreprise.

La localisation des centaines de millions nécessaires à l’industrialisation détermine aussi celle des centres de décision, des emplois les plus qualifiés, d’une partie de la propriété intellectuelle et, en cas de réussite, de la création de valeur. L’Europe dispose des chercheurs et des entrepreneurs. Sa capacité à financer leur croissance devient le point critique.

⚡ Six EPR2 : la France chiffre son pari nucléaire à 153 milliards d’euros

Le coût des six futurs EPR2 est désormais évalué à 153 milliards d’euros. L’État et EDF doivent encore arrêter les modalités permettant de financer un programme dont les dépenses précéderont de plusieurs années la production des premiers kilowattheures.

À cette échelle, 1 % du programme représente 1,53 milliard d’euros ; 10 %, 15,3 milliards. Le coût de construction ne suffit donc pas à apprécier l’économie du projet.

Le nucléaire concentre énormément de capital au début du cycle industriel. Plus la construction dure, plus longtemps cet argent reste immobilisé avant de produire des recettes. Les taux d’intérêt, le calendrier des chantiers et la répartition du risque entre EDF et l’État deviennent donc déterminants dans le coût final.

Ces 153 milliards d’euros constituent aussi un choix d’allocation de capital sur plusieurs décennies : reconstruire en France une capacité importante de production électrique pilotable et réduire l’exposition du système énergétique au prix des hydrocarbures importés.



Alexandra Richert

Attachée de presse et fondatrice du cabinet Advocaciz.

Experte en relations presse, relations publiques et gestion de crise réputationnelle.



« communication corporate », « réputation », « affaires publiques », « dirigeants » et « gestion de crise »


 
 
 

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