À comprendre dans l’actualité du jour
Jeudi 24 septembre
➡️ Washington-Pékin : la détente sous dépendance
Xi Jinping est à Washington pour une visite d’État de trois jours. Les deux puissances ont prolongé leur trêve tarifaire jusqu’au 10 janvier 2027. Sur la table : terres rares, agriculture, aéronautique, semi-conducteurs, intelligence artificielle et Taïwan.
La Chine conserve une position dominante dans les terres rares : jusqu’à 70 % de l’extraction mondiale, 85 % du raffinage et autour de 90 % des alliages et aimants. Les États-Unis gardent la maîtrise de technologies critiques et des semi-conducteurs les plus avancés.
L’ouverture annoncée d’un dialogue sur l’IA l’installe au même rang que le commerce ou les matières premières. La négociation porte désormais autant sur les infrastructures de puissance que sur les échanges commerciaux.
➡️ Énergie : moins de marge pour absorber les chocs
La menace d’une restriction des exportations américaines de diesel révèle une fragilité européenne. Depuis la réduction des approvisionnements russes et les tensions au Moyen-Orient, l’Europe dépend davantage des cargaisons américaines.
L’économie mondiale a jusqu’ici absorbé le choc énergétique grâce aux stocks, à la hausse de la production hors Golfe, aux changements de circuits d’approvisionnement et à une demande moins dynamique. Les stocks européens de gazole sont cependant bas.
Le marché tient. Ses marges de sécurité se réduisent.
➡️ Croissance mondiale : 2,9 %, avec des écarts considérables
L’OCDE prévoit une croissance mondiale de 2,9 % en 2026 et de 3 % en 2027. Le rythme annualisé est passé de 3,6 % au second semestre 2025 à 2,6 % au premier semestre 2026.
Les États-Unis devraient croître de 2,2 % cette année, la Chine de 4,5 %, la zone euro de seulement 1 %. L’inflation du G20 atteindrait 4,1 % en 2026, puis 3,6 % en 2027.
L’investissement dans l’intelligence artificielle soutient une partie de l’activité, de la production et du commerce. L’OCDE pointe aussi la montée des financements externes et le risque de correction si les rendements attendus ne suivent pas.
➡️ Afrique : Pékin avance, le dollar reste en place
La dette extérieure africaine avoisine 456 milliards de dollars. Les financements liés à la Chine n’en représenteraient qu’environ 6 %.
Pékin développe les obligations en yuans, les prêts bilatéraux et les mécanismes permettant de commercer sans passer systématiquement par le dollar. La monnaie américaine reste pourtant centrale dans l’endettement du continent.
La Chine gagne des marchés, finance des infrastructures et renforce son poids commercial. La domination monétaire américaine résiste beaucoup mieux.
➡️ Europe : le « Made in Europe » sort du registre du slogan
France et Allemagne poussent Bruxelles à privilégier davantage les productions européennes dans les dispositifs publics. Automobile, acier, batteries, technologies propres sont directement concernés.
Face aux subventions américaines et à la politique industrielle chinoise, le modèle européen fondé sur l’ouverture des marchés est sous pression. Commande publique, aides d’État, normes, technologies et accès aux matières premières font désormais partie de la compétition industrielle.
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France : croissance faible, marges budgétaires étroites
La France reste moins exposée au choc électrique que plusieurs voisins grâce au poids du nucléaire et des renouvelables. Elle demeure vulnérable au pétrole, aux transports et aux activités fortement consommatrices de combustibles fossiles.
L’OCDE prévoit 0,7 % de croissance en 2026 et 0,8 % en 2027. Le déficit resterait autour de 5 % du PIB cette année et la dette pourrait atteindre 121 % du PIB.
Une croissance faible, une dette élevée et des taux plus coûteux réduisent la capacité budgétaire à amortir un nouveau choc.
➡️ Logement : 32,1 % du budget des ménages les plus modestes
Entre 2014 et 2024, la part du logement dans le budget moyen des Français est passée de 18,3 % à 16,8 %. Chez les 25 % de ménages les plus modestes, elle atteint au contraire 32,1 %.
Sur la même période, les aides au logement ont diminué de 18 %. Un locataire sur cinq se trouve désormais dans une situation jugée délicate.
Les moyennes nationales racontent mal la contrainte réelle. Pour une partie de la population, près d’un euro sur trois est absorbé par le logement avant même l’alimentation, l’énergie ou les transports.
➡️ Climat : 12,1 millions de logements exposés
Le retrait-gonflement des argiles menace 12,1 millions de logements, soit environ 60 % des maisons individuelles françaises. Les indemnisations liées aux fissures dépassent désormais 1 milliard d’euros par an, contre environ 500 millions en 2021.
Assureurs, réassureurs, propriétaires, banques et valeur des biens sont concernés. La question de l’assurabilité des logements les plus exposés va prendre une place croissante à mesure que les sinistres se répètent.
➡️ Voiture électrique : 36,6 milliards d’euros de fiscalité à remplacer
Un véhicule électrique rapporte environ six fois moins aux finances publiques qu’un véhicule thermique. La fiscalité sur les carburants représente encore 36,6 milliards d’euros par an.
Plus le parc s’électrifie, plus cette recette diminue. La transition automobile ne concerne pas seulement les constructeurs, les bornes ou les batteries. Elle oblige aussi à reconstruire progressivement une partie de la fiscalité automobile.
➡️ IA : la bataille se déplace vers les infrastructures
Les micro-data centers se développent au plus près des usines, collectivités et PME. Quelques mégawatts peuvent suffire pour disposer localement de capacités de calcul, réduire les délais et conserver certaines données sensibles sur site.
À l’autre extrémité, les hyperscalers investissent dans des centres de plusieurs centaines de mégawatts. Entre les deux, la puissance de calcul devient une infrastructure industrielle.
Alexandra Richert
Attachée de presse et fondatrice du cabinet Advocaciz.
Experte en relations presse, relations publiques et gestion de crise réputationnelle.


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