top of page
LOGO-ADVOCACIZ-noir-baseline.png

Revue de presse du 21 octobre

Alexandra Richert
il y a 15 heures
10 min de lecture

Un café, des faits | 21 octobre 2026

Violences urbaines, finances publiques, souveraineté technologique : les arbitrages économiques se durcissent

La revue de presse augmentée d’Advocaciz

Violences des 17 et 18 octobre : au moins 3 000 commerces touchés, une facture encore impossible à consolider

Le bilan des violences survenues en marge des manifestations contre la vie chère continue de s’alourdir. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, au moins 3 000 commerces ont subi des dégradations ou des pillages. Le réseau des chambres de commerce et d’industrie évoque, de son côté, environ 2 000 établissements recensés. Cet écart tient notamment au caractère encore provisoire des remontées territoriales et aux différences de périmètre entre les comptages.

À Lyon, la municipalité fait état de plus de 200 commerces touchés, dont 157 sur la Presqu’île. Les dégradations concernent aussi bien les vitrines et équipements que les stocks, les systèmes de sécurité et les locaux commerciaux.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le déclenchement immédiat de l’activité partielle avec une prise en charge à 100 %, ainsi que la création d’un fonds de soutien spécifique. Des couvre-feux partiels et localisés ont été décidés dans plusieurs villes. L’exécutif n’exclut pas d’autres mesures de police administrative si les violences se poursuivent.

La question économique dépasse largement le montant des dégâts matériels. Pour un commerce, le préjudice peut comprendre les réparations, les marchandises dérobées, les pertes d’exploitation, les salaires maintenus pendant la fermeture, les frais de sécurisation et la perte de clientèle. Les garanties d’assurance ne couvrent pas nécessairement l’ensemble de ces postes, particulièrement lorsque les contrats excluent certaines catégories de dommages ou subordonnent les pertes d’exploitation à un dommage matériel garanti.

La Fondation IFRAP a publié une estimation reposant sur trois scénarios, de 3 000 à 4 000 établissements affectés. Il s’agit d’une modélisation, et non d’un bilan consolidé des sinistres. Les montants définitifs dépendront des déclarations, expertises et indemnisations.

Sur le plan juridique, l’article L. 211-10 du Code de la sécurité intérieure prévoit un régime de responsabilité de l’État pour certains dommages résultant de crimes et délits commis à force ouverte ou par violence par des attroupements ou rassemblements. Son application suppose toutefois de caractériser les faits et leur lien avec le rassemblement. La jurisprudence distingue notamment les violences relevant d’un attroupement de certaines actions préméditées conduites par des groupes organisés.

L’enjeu pour les commerçants sera donc double : obtenir rapidement des liquidités pour poursuivre l’activité et documenter précisément les préjudices susceptibles de faire l’objet d’une indemnisation.

Budget 2027 : l’ajustement des finances publiques repose sur une hypothèse de croissance contestée

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, puis examiné en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale à partir du 12 octobre.

Le gouvernement prévoit un effort de redressement des comptes sociaux comprenant des recettes supplémentaires et des économies sur les dépenses. L’Assurance maladie occupe une place centrale dans cet ajustement, avec des conséquences potentielles sur les établissements de santé, les professionnels libéraux, les organismes complémentaires et les assurés.

Mais la difficulté ne réside pas uniquement dans les mesures inscrites au texte. Elle tient aussi au scénario macroéconomique sur lequel reposent les prévisions de recettes.

Dans son avis du 25 septembre, le Haut Conseil des finances publiques considère comme optimiste l’hypothèse gouvernementale de croissance de 1 % en 2027. Les prévisions de plusieurs organismes auditionnés sont inférieures de 0,1 à 0,3 point. Le Haut Conseil relève également des risques sur l’investissement privé, la demande intérieure et les conditions de financement.

Le déficit public pour 2026 est estimé à 5,4 % du PIB dans le scénario actualisé examiné par le Haut Conseil. Pour 2027, l’ajustement prévu par le gouvernement représente 1,4 point de PIB, dont 0,6 point en recettes et 0,8 point en économies de dépenses, par rapport à une trajectoire à politique inchangée.

Cette distinction est essentielle : une économie budgétaire ne correspond pas nécessairement à une baisse de dépense en valeur absolue. Elle peut traduire un ralentissement de la progression spontanée des dépenses.

Pour les entreprises, l’impact dépendra du contenu définitif des textes : prélèvements, exonérations, coûts salariaux, dépenses de santé et fiscalité. Pour les collectivités et les organismes sociaux, la question est celle des transferts de charges et de la capacité à absorber de nouvelles contraintes financières.

OVHcloud : 1,145 milliard d’euros de chiffre d’affaires et une nouvelle offensive dans l’intelligence artificielle

OVHcloud a publié le 20 octobre ses résultats pour l’exercice clos le 31 août 2026. Le groupe réalise 1 145,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 7,2 % à données comparables et de 5,6 % à données publiées.

La croissance s’est accélérée tout au long de l’exercice : 6 % au premier trimestre, 5,1 % au deuxième, 6,9 % au troisième et 10,5 % au quatrième trimestre. Le Public Cloud a progressé de 20 % au dernier trimestre, tandis que la marge d’EBITDA ajusté atteint 42 %.

Pour la première fois depuis son introduction en Bourse, le groupe annonce un flux de trésorerie disponible après charges financières positif.

La répartition du chiffre d’affaires illustre ses différents marchés : 563,9 millions d’euros pour les clients « Digital Starters », 359,1 millions pour les « Digital Scalers » et 221,7 millions pour les grandes entreprises. Les taux de croissance comparables atteignent respectivement 5,4 %, 12,4 % et 2,6 %.

Octave Klaba entend désormais positionner OVHcloud sur une chaîne de valeur plus large que l’hébergement. Le groupe travaille à son propre grand modèle de langage, dont une première version pourrait être publiée en open source à la fin du mois de novembre.

Cette stratégie s’appuie sur trois acquisitions réalisées en 2026 : Seald, spécialiste du chiffrement de bout en bout, en janvier ; Dragon LLM, spécialisé dans les modèles d’intelligence artificielle pour les secteurs réglementés, en mars ; et Gladia, entreprise d’IA vocale, en juillet.

Les applications envisagées concernent notamment la cybersécurité, le développement logiciel, les ressources humaines, la finance, le droit et la logistique.

L’avantage concurrentiel recherché ne repose pas seulement sur la nationalité du fournisseur. Pour les clients publics, les banques, les assurances ou les professions réglementées, les critères déterminants sont la localisation et la gouvernance des données, les droits d’accès, la traçabilité des traitements, les conditions contractuelles et la dépendance aux fournisseurs technologiques.

OVHcloud dispose de 250 MW de capacité électrique raccordée, dont 140 MW en exploitation. Cette réserve constitue un actif industriel important dans un marché où l’accès à l’électricité et les délais de raccordement deviennent des facteurs de différenciation.

Le groupe doit présenter plus précisément sa stratégie lors de son sommet consacré à l’intelligence artificielle, le 19 novembre.

Centres de données : 18 GW de capacités demandées, contre 5 GW fin 2024

L’expansion de l’intelligence artificielle transforme la planification électrique française.

Selon RTE, la France compte environ 300 centres de données en 2026. Leur consommation annuelle est estimée à 10 TWh, soit approximativement 2 % de la consommation nationale d’électricité.

Huit centres sont directement raccordés au réseau de transport d’électricité, pour une puissance cumulée de 800 MW.

Le changement d’échelle apparaît surtout dans les demandes futures. En mai 2026, RTE avait réservé près de 18 GW de capacités pour environ 80 projets, contre 5 GW pour une quarantaine de projets à la fin de 2024.

Les demandes se concentrent principalement en Île-de-France, avec environ 7 GW, et dans les Hauts-de-France, avec 6 GW.

Les projets courants sollicitent désormais entre 100 et 200 MW. Une dizaine d’opérations dépassent 400 MW. À titre de comparaison, la puissance moyenne actuellement appelée par l’ensemble de l’Île-de-France est d’environ 7 GW.

Ces réservations ne constituent pas une prévision de consommation immédiate. RTE souligne que tous les projets ne seront pas réalisés et que les capacités seront mobilisées progressivement, au rythme des investissements dans les processeurs et des usages. Les centres raccordés depuis deux à trois ans n’utilisent actuellement, en moyenne, qu’environ 20 % de la puissance demandée.

Le gestionnaire prévoit une consommation des centres de données comprise entre 15 et 20 TWh en 2030, puis 23 à 28 TWh en 2035, soit environ 4 % de la consommation française à cet horizon.

Pour accélérer les projets, l’État et RTE ont identifié 65 sites potentiellement adaptés, dont cinq premiers sites bénéficiant d’une procédure accélérée. Les investissements annoncés lors de Choose France 2026 atteignent 93 milliards d’euros, avec une forte composante numérique.

Le problème industriel est désormais autant territorial qu’énergétique. Les centres de données exigent du foncier, des raccordements électriques de forte puissance, des infrastructures de télécommunications et des dispositifs de refroidissement. Leur implantation peut entrer en concurrence avec les besoins de l’industrie traditionnelle et ceux des collectivités.

RTE prévoit notamment 300 millions d’euros d’investissements pour développer des capacités d’accueil mutualisées dans les grandes agglomérations, dont environ 1 200 MW dans le sud de l’Île-de-France et 500 MW dans la zone de Plan-de-Campagne, près de Marseille.

Paiements : l’Europe construit une alternative aux réseaux internationaux de cartes

Les commerçants européens contestent régulièrement les coûts associés à l’acceptation des cartes bancaires, dans un marché largement structuré autour de Visa et Mastercard.

Le coût d’un paiement ne se résume toutefois pas à une commission unique. Il peut comprendre une commission d’interchange, des frais de réseau et la rémunération de l’établissement acquéreur ou du prestataire de paiement. Ces composantes varient selon le type de carte, le pays d’émission, le canal de vente et le contrat du commerçant.

Le règlement européen de 2015 a plafonné certaines commissions d’interchange des cartes de consommateurs à 0,2 % pour les cartes de débit et 0,3 % pour les cartes de crédit. Ces plafonds ne s’appliquent pas à toutes les cartes et ne constituent pas un plafond global des frais facturés aux commerçants.

Une réponse industrielle européenne se structure parallèlement. Le 30 septembre 2026, Bancomat, Bizum, EPI/Wero, SIBS-MB WAY et Vipps MobilePay ont annoncé la création de l’European Network for Payments, une entité commune installée à Madrid.

Le dispositif vise à rendre interopérables les solutions nationales de paiement. Il couvre potentiellement plus de 130 millions d’utilisateurs à travers les marchés concernés.

Wero revendique déjà 57 millions d’utilisateurs, auxquels doivent s’ajouter plus de 23 millions de personnes dans le cadre des migrations prévues aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Autriche. Le réseau fait également état de 4 600 commerçants intégrés.

L’interopérabilité des paiements entre particuliers doit progresser en 2026, avant une extension aux paiements en ligne et en magasin en 2027.

L’intérêt économique dépendra des conditions réellement proposées aux commerçants : coût total d’acceptation, garanties de paiement, simplicité d’intégration, couverture géographique et traitement des litiges. Une solution européenne ne devient concurrentielle que si elle est aussi utilisable que les réseaux existants.

Afrique-Chine : 348 milliards de dollars d’échanges et une nouvelle infrastructure de paiement en yuans

Le groupe bancaire panafricain Ecobank a signé en octobre un protocole d’accord avec CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers, afin de développer les règlements en renminbis entre la Chine et l’Afrique.

Le partenariat concerne potentiellement le réseau d’Ecobank, présent sur 34 marchés africains.

Selon les chiffres communiqués par la banque, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint environ 348 milliards de dollars en 2025.

L’objectif consiste à faciliter les règlements commerciaux en monnaie chinoise. Une entreprise africaine qui importe des équipements chinois peut actuellement devoir convertir sa monnaie locale en dollars, puis en yuans. Un circuit de règlement plus direct pourrait supprimer une étape de conversion.

Le bénéfice économique n’est cependant pas automatique. Il dépendra du taux de change, de la liquidité disponible en yuans, des commissions bancaires et des conditions d’accès au système.

À ce stade, Ecobank n’a pas publié de grille tarifaire ni de calendrier de déploiement détaillé par pays. Le protocole ne signifie donc pas que l’ensemble des clients du groupe peuvent déjà effectuer ces opérations.

La concurrence bancaire s’organise sur ce marché. En juin 2026, Standard Bank et Industrial and Commercial Bank of China ont obtenu une autorisation concernant la compensation du renminbi dans 19 pays africains.

Ces initiatives traduisent une évolution concrète de l’infrastructure financière du commerce sino-africain. Elles ne signifient pas pour autant une disparition du dollar, qui conserve une place centrale dans les financements, les réserves et les règlements internationaux.

Industrie francilienne : une reprise de l’emploi qui masque de fortes disparités sectorielles

L’Île-de-France reste la deuxième région industrielle française en nombre d’emplois, derrière Auvergne-Rhône-Alpes, malgré une économie très largement tertiarisée.

Selon l’Insee, l’industrie représente 7 % de l’emploi salarié régional et 8 % de la valeur ajoutée, contre respectivement 12 % et 14 % au niveau national.

Les établissements franciliens génèrent néanmoins 18 % de la valeur ajoutée industrielle française, grâce notamment à la présence de secteurs à forte intensité technologique, de centres de recherche et de fonctions stratégiques.

Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié industriel progresse de 0,2 %, comme au trimestre précédent. La fabrication de matériels de transport affiche une hausse de 0,9 %, et les équipements électriques, électroniques et informatiques de 0,2 %.

La région a enregistré 2 320 créations d’entreprises industrielles au cours du trimestre, dont environ deux tiers sous le régime de la microentreprise. Ce nombre recule de 8,6 % par rapport au trimestre précédent, mais demeure supérieur à celui observé début 2025.

Les heures rémunérées révèlent une situation contrastée. Elles diminuent dans l’industrie automobile, confrontée aux restructurations et à la transition électrique. À l’inverse, elles progressent de 3,6 % dans la fabrication d’autres matériels de transport et de 3 % dans les produits informatiques, électroniques et optiques.

La reprise industrielle régionale ne doit donc pas être interprétée comme un redressement uniforme de toutes les filières. Les secteurs liés à l’aéronautique, au numérique et aux infrastructures énergétiques affichent des dynamiques différentes de celles de l’automobile.

Pour les collectivités, la disponibilité du foncier productif, la formation des salariés et les infrastructures énergétiques constituent des paramètres essentiels du maintien de cette activité.

Télécommunications : le spectre satellitaire européen à l’échéance 2027

Les opérateurs de télécommunications européens cherchent à développer les services de connexion directe entre satellites et téléphones mobiles, notamment pour couvrir les zones blanches et assurer les communications d’urgence.

La question réglementaire majeure concerne l’attribution et le renouvellement des fréquences dites Mobile Satellite Spectrum en 2027.

Lors d’une audition au Sénat en mai 2026, les acteurs du secteur ont souligné la nécessité de préserver plusieurs possibilités d’attribution et de réserver une place aux futurs projets européens.

Cette évolution intervient dans un contexte de forte concurrence internationale, dominé par les ambitions de Starlink et par les investissements nécessaires au développement de constellations en orbite basse.

Le marché ne dépend pas seulement des capacités de lancement. Il suppose des droits d’utilisation du spectre, des accords entre opérateurs satellitaires et mobiles, la compatibilité des terminaux et des règles de coordination internationale.

Pour les États européens, la maîtrise de ces fréquences représente un enjeu d’autonomie des infrastructures de communication, en particulier pour les services essentiels et la continuité des réseaux en situation de crise.


Alexandra Richert

Attachée de presse et fondatrice du cabinet Advocaciz.

Experte en relations presse, relations publiques et gestion de crise réputationnelle.


Revue de presse et analyse économique, politique et réglementaire. Édition du 21 octobre 2026.

Corpus éditorial : Le Figaro, Les Échos, La Tribune et Libération. Enrichissements documentaires : données gouvernementales, Haut Conseil des finances publiques, Insee, RTE, communications financières d’OVHcloud, Ecobank et European Payments Initiative.

Les chiffres provisoires et les annonces non encore mises en œuvre sont distingués des données consolidées. Les analyses économiques et juridiques sont celles d’Advocaciz.

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Revue de presse du 20 octobre

les restrictions chinoises sur l’exportation de 40 technologies prennent une portée particulière. Pékin veut continuer à vendre ses équipements et ses services tout en conservant la maîtrise des procé

 
 
 
Revue de presse du 19 octobre

les violences du 17 octobre dominent l’actualité. Après les manifestations de samedi, marquées par des incendies, des pillages et des affrontements, Emmanuel Macron promet une réponse « intraitable »

 
 
 

Commentaires


bottom of page