top of page
LOGO-ADVOCACIZ-noir-baseline.png

Revue de presse du 29 septembre 2026

Alexandra Richert
il y a 7 heures
6 min de lecture

Amazon, SpaceX, TotalEnergies, CATL : derrière des secteurs sans rapport apparent, la même logique apparaît ce matin. La compétition se déplace du produit vers la maîtrise de la chaîne de valeur : infrastructures, capacités industrielles, énergie, logistique, technologies et capitaux. Celui qui contrôle plusieurs maillons peut investir plus longtemps, absorber davantage de concurrence et imposer son rythme aux autres.

🌍 Ukraine : la guerre se déplace vers l’appareil productif

Un drone russe a frappé lundi l’Académie des sciences à Kiev. Mais l’information importante est ailleurs : Russes et Ukrainiens intensifient désormais les attaques loin de la ligne de front. Moscou vise les infrastructures industrielles, commerciales et de transport ukrainiennes. Kiev frappe les raffineries et plateformes logistiques russes.

Le ciblage des capacités économiques devient une composante à part entière de la guerre. Raffinage, stockage, transport ferroviaire, production industrielle et logistique sont attaqués pour réduire la capacité de l’adversaire à soutenir durablement l’effort militaire. La profondeur stratégique n’est plus seulement géographique : elle est énergétique et industrielle.

Pour l’Europe, cela élargit encore le périmètre de la sécurité économique. Les infrastructures civiles essentielles, les stocks, les capacités de réparation et les chaînes d’approvisionnement sont désormais directement intégrés aux raisonnements de défense.


🛢️ TotalEnergies prépare déjà le monde énergétique de 2035

TotalEnergies prévoit désormais d’augmenter sa production de pétrole et de gaz de 2 à 3 % par an entre 2030 et 2035, après avoir déjà fixé un objectif de croissance de 3 % par an jusqu’en 2030.

Le groupe vise environ 3 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2035. Son portefeuille comprend des projets en Namibie, au Nigeria, en Libye, au Mozambique, en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les investissements annuels devraient atteindre 14 à 17 milliards de dollars d’ici 2032, dont 4 milliards pour les activités bas carbone. TotalEnergies augmente parallèlement ses rachats d’actions.

Ce plan donne surtout une indication sur les anticipations de demande. Un groupe pétrolier n’engage pas aujourd’hui des milliards dans des capacités destinées aux années 2030 sans perspective d’exploitation suffisamment longue pour les rentabiliser.

Autre enseignement : une partie croissante des nouveaux actifs énergétiques se trouve en Afrique et en Asie. L’Europe réduit sa consommation fossile plus vite qu’elle ne fait disparaître la demande mondiale. La géographie de la production, des investissements et donc des dépendances se déplace.


🛒 Amazon : 15 milliards supplémentaires pour verrouiller son implantation française

Le commerce électronique français devrait franchir 200 milliards d’euros en 2026, avec une croissance de 6 à 7 %, alors que les ventes physiques stagnent.

Amazon dépasse désormais 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, en hausse de plus de 10 %. Le groupe rassemble 41 millions de visiteurs mensuels. Plus de 60 % des produits vendus sur Amazon.fr sont commercialisés par des vendeurs partenaires, majoritairement des PME.

Sa part du marché français de la vente de produits atteignait 22,7 % fin 2025, contre 4 % pour Cdiscount et 2,6 % pour Temu. Son volume d’affaires est estimé à environ 17 milliards d’euros.

Surtout, Amazon vient d’engager 15 milliards d’euros d’investissements supplémentaires en France sur trois ans, après 35 milliards depuis 2010. Cinq nouveaux entrepôts doivent ouvrir en 2026 et 2027, en complément des huit existants. Le groupe investit simultanément dans la logistique, le cloud et l’intelligence artificielle.

C’est cette combinaison qu’il faut regarder. Amazon ne construit plus seulement une position commerciale : il installe une infrastructure. Marketplace, vendeurs tiers, publicité, entrepôts, livraison, cloud et IA se renforcent mutuellement. Le marché français ne représente pourtant que moins de 3 % de son activité mondiale.

Le groupe pointe en revanche un handicap : six années auraient été nécessaires pour ouvrir son nouvel entrepôt près de Lyon. Pour son dirigeant français, la lenteur des procédures est désormais un obstacle plus important que la concurrence.


🇨🇳 Automobile : la Chine commence à rationaliser sa surcapacité

Après des années de multiplication des constructeurs, la consolidation commence.

NIO et Geely se rapprochent autour des technologies d’échange de batteries. CATL doit entrer au capital d’une usine de batteries de Geely. CATL détenait 41,45 % des installations de batteries en Chine en août, contre plus de 43 % en moyenne en 2025, sous la pression notamment de BYD.

GAC travaille parallèlement à la reprise d’une partie des participations détenues par FAW dans une coentreprise avec un constructeur étranger. Le scénario évoqué concerne Toyota : ses deux coentreprises chinoises, l’une avec GAC dans le Sud et l’autre avec FAW dans le Nord, ne représentent plus ensemble que 7 % du marché chinois. Leur rapprochement permettrait de supprimer des doublons industriels et commerciaux.

La séquence est importante. La Chine a d’abord subventionné la constitution d’un immense écosystème électrique, puis organisé une concurrence féroce entre ses acteurs. Arrive maintenant le temps de la concentration : mutualisation des technologies, rapprochement des capacités et consolidation capitalistique.

La concurrence européenne pourrait donc affronter demain non plus une multitude de marques chinoises fragiles, mais un nombre réduit d’acteurs disposant de volumes, de batteries, de logiciels et de chaînes industrielles rationalisées.


💶 Budget : la France cherche 54 milliards, mais chaque milliard a désormais un propriétaire

Le gouvernement veut ramener le déficit public de 5,4 % du PIB en 2026 à 5 % en 2027. L’ajustement annoncé atteint 54 milliards d’euros.

Les arbitrages commencent à devenir très concrets. La surtaxe sur les grandes entreprises devrait encore rapporter environ 5 milliards d’euros, contre 7,5 milliards cette année. Les crédits ministériels seraient globalement gelés autour de 496 milliards d’euros hors pensions, malgré 13 milliards supplémentaires pour la charge de la dette et 6 milliards pour la défense. Travail et emploi perdraient 2,5 milliards.

Le gel du point d’indice des fonctionnaires doit produire environ 2 milliards d’économies. Le reste à charge du CPF passerait à 350 euros pour les formations non prioritaires, soit 200 euros supplémentaires. Le plafond annuel des participations et franchises médicales passerait de 100 à 140 euros. Les retraités sont également mis à contribution, notamment via un plafonnement plus sévère de leur abattement fiscal de 10 %.

Le vrai problème apparaît dans l’arithmétique : la défense et les intérêts de la dette absorbent à eux seuls 19 milliards supplémentaires. Avant même de financer de nouvelles politiques publiques, l’Etat doit donc trouver des économies simplement pour compenser la hausse de deux dépenses difficilement compressibles.


🏛️ Fonction publique : derrière le gel du point, 500 000 agents supplémentaires

Les syndicats appellent aujourd’hui les 5,9 millions d’agents publics à la grève contre le nouveau gel du point d’indice.

Celui-ci n’a été revalorisé que deux fois en dix ans. Selon la Cour des comptes, sa valeur a été sous-indexée de 75 % par rapport à l’inflation cumulée entre 2012 et 2024.

Mais la rémunération moyenne des personnes en place a progressé de 16 % en euros constants sur la même période, grâce à l’ancienneté, aux promotions et aux mesures catégorielles. Surtout, les effectifs publics ont augmenté d’environ 500 000 personnes depuis le début des années 2010, notamment dans les collectivités locales et les hôpitaux.

Le débat sur le point d’indice masque donc une équation plus lourde : la France doit simultanément financer davantage d’agents, maintenir leur pouvoir d’achat et réduire une dépense publique devenue incompatible avec sa trajectoire de déficit.


💊 Médicaments : la France change les règles pour ne pas perdre la bataille industrielle

L’Etat et les laboratoires pharmaceutiques viennent de conclure un nouvel accord-cadre de quatre ans sur les prix des médicaments.

Parmi les changements : davantage de visibilité sur les prix des médicaments brevetés, une stabilité du prix de lancement pouvant atteindre trois à cinq ans pour certains produits innovants et des mécanismes spécifiques pour accélérer l’arrivée des innovations. En contrepartie, les baisses de prix seront accentuées pour les médicaments hybrides et biosimilaires.

Le sujet dépasse désormais largement le remboursement. Les Etats-Unis exercent une pression croissante sur le modèle européen de régulation des prix, tandis que l’Europe cherche à relocaliser certaines productions et à sécuriser son approvisionnement.

La contradiction est connue : acheter les médicaments le moins cher possible réduit la dépense immédiate, mais peut aussi réduire l’intérêt économique de produire et de lancer les innovations en Europe. Le nouvel accord tente de remettre la politique de prix au service d’une politique industrielle.


🎓 Ecole : 11 milliards pour changer complètement le métier d’enseignant

L’Académie des sciences propose une réforme à horizon 2037 fondée sur un constat démographique majeur : le nombre d’élèves devrait diminuer d’environ 15 % en dix ans.

Plutôt que de transformer cette baisse en simple réduction d’effectifs, elle propose d’investir environ 11 milliards d’euros par an pour modifier l’organisation du secondaire.

Le schéma envisagé ferait passer les enseignants à 35 heures hebdomadaires, dont 23 heures de présence dans l’établissement et 12 heures devant les élèves, contre 18 heures de cours aujourd’hui pour un professeur certifié. Le reste serait consacré à la préparation, au tutorat, aux projets et au travail collectif. L’année serait organisée sur quarante semaines et les petites vacances réduites de huit à quatre semaines.

La proposition change la nature du débat. La baisse démographique peut devenir une économie budgétaire ou une occasion de réallouer les moyens par élève. Avec 15 % d’élèves en moins, la France va devoir choisir assez rapidement entre les deux.


🚀 SpaceX : Starship commence enfin à servir Starlink

Starship a réussi sa première mise en orbite de 26 satellites.

Ce n’est plus seulement un test de fusée. SpaceX commence à connecter deux actifs qu’il développe depuis des années : un lanceur lourd réutilisable et Starlink, sa propre constellation satellitaire.

L’intérêt économique est considérable. SpaceX est à la fois constructeur du lanceur, opérateur du lancement et propriétaire d’une partie de la demande qu’il met en orbite. Avec les nouveaux satellites Starlink V3, beaucoup plus lourds et plus capacitaires, disposer de Starship devient un avantage industriel direct.


Alexandra Richert

Attachée de presse et fondatrice du cabinet Advocaciz.

Experte en relations presse, relations publiques et gestion de crise réputationnelle.


 
 
 

Commentaires


bottom of page