
Que dit l’actualité aujourd’hui 28/08?
- Advocaciz

- 28 août
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L’économie française donne ce matin une impression assez étrange : beaucoup d’argent circule, beaucoup d’investissements sont annoncés, les marchés se tendent, les entreprises réclament de la visibilité, et pourtant l’emploi ne suit pas au même rythme.
Au premier semestre 2026, 209,6 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés en France, soit presque deux fois plus qu’un an auparavant. Sur le papier, le chiffre est spectaculaire. Sur l’emploi, beaucoup moins : 17 980 créations nettes, en baisse de 49 % sur un an. Dans l’industrie, le solde se limite à 5 538 emplois.
Une grande partie de l’explication tient à la nature même de ces investissements. Les data centers absorbent à eux seuls 88,3 milliards d’euros, et l’énergie 71,5 milliards. À eux deux, ces secteurs concentrent environ 76 % des montants annoncés. Des infrastructures lourdes, capitalistiques, indispensables à la nouvelle économie, mais qui ne créent pas des bataillons d’emplois. La France investit donc davantage sans que cela se traduise mécaniquement par une explosion de l’emploi.
Cette mutation se retrouve à l’échelle internationale. Le carnet de commandes de Turner, filiale américaine du groupe Hochtief, atteint désormais 52,7 milliards de dollars, dont 42 % sont liés aux data centers. Un an auparavant, il atteignait 32,1 milliards, avec seulement 20 % consacrés à ces infrastructures. L’intelligence artificielle a donc quitté depuis longtemps les colloques et les slides PowerPoint : elle est désormais faite de béton, d’électricité, de serveurs et de milliards.
Pendant ce temps, le coût du financement de la France monte.
Le rendement de l’emprunt d’État français à dix ans est passé de 3,217 % le 27 février à 4,104 % le 27 août. La charge d’intérêts commence logiquement à grimper : 29,2 milliards d’euros au premier semestre 2025, 34,5 milliards au premier semestre 2026. Lorsque la dette publique approche les 3 500 milliards d’euros, quelques dixièmes de point ne sont plus un détail technique. Ils finissent rapidement par devenir une ligne budgétaire.
Autre curiosité française du jour : environ 300 000 passoires thermiques devraient disparaître des statistiques sans qu’un seul artisan n’entre dans les logements concernés. Le coefficient utilisé pour calculer la consommation électrique dans le diagnostic de performance énergétique doit en effet être abaissé de 2,3 à 1,9. Résultat : quelque 300 000 logements chauffés à l’électricité sortiront mécaniquement des catégories F et G. Une modification précédente avait déjà permis d’en faire sortir environ 700 000. Parfois, la politique du logement tient aussi à la façon dont on règle la calculatrice.
Le tourisme, lui, continue de battre des records tout en modifiant progressivement sa géographie. La France a généré 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques en 2025 et accueille désormais environ 100 millions de visiteurs étrangers chaque année.
Mais l’été 2026 confirme un déplacement de la demande vers les zones plus tempérées. Le revenu par chambre progresse de 12,8 % dans les Alpes du Nord, de 10,6 % sur l’Atlantique Sud et de 9,9 % sur la Méditerranée orientale, contre seulement 1,1 % à Paris. En Normandie, les nuitées progressent de 9 % et certains campings dépassent les 80 % de taux d’occupation.
La chaleur ne supprime donc pas nécessairement les vacances. Elle modifie progressivement leur géographie.
A
L’Italie enregistre de son côté +4,4 % de nuitées en juillet, tandis que l’Espagne a accueilli 43 millions de visiteurs sur les deux premiers mois de l’été. La compétition touristique européenne reste donc extrêmement forte, mais les flux commencent à se répartir différemment selon les températures, les prix et les attentes des voyageurs.
Dans ce contexte économique incertain, les chefs d’entreprise réclament avant tout de la stabilité. La REF du Medef a réuni 20 000 participants cette année, contre 15 000 l’an dernier. À l’approche de la présidentielle de 2027, le discours patronal est assez homogène : moins de charges, davantage de visibilité et surtout des règles qui ne changent pas en permanence.
On pourrait résumer la demande en une phrase : laisser aux entreprises suffisamment de visibilité pour décider, investir et embaucher.
Enfin, le chiffre le plus terrible de cette matinée vient d’Asie. Les inondations et glissements de terrain à la frontière entre le Népal et le Tibet ont fait au moins 472 morts, dont 469 au Népal, tandis que plus de 1 400 personnes sont toujours portées disparues. Les infrastructures ont été ravagées et les secours travaillent dans des conditions extrêmement difficiles.




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