top of page
LOGO-ADVOCACIZ-noir-baseline.png

Ce qui fait l’actualité aujourd’hui 23 septembre ⬇️

Alexandra Richert
il y a 4 minutes
6 min de lecture

➡️ La crise énergétique se paie bien au-delà de la pompe

Cent euros, et trois mois de répit

Le gouvernement élargit l’aide aux gros rouleurs à 5,5 millions de personnes. Cent euros pour le dernier trimestre, un plafond de revenu relevé à 2 050 euros nets mensuels pour une personne seule, un versement automatique pour les bénéficiaires déjà inscrits. Le dispositif atteint désormais une partie des actifs qui gagnent trop pour bénéficier des aides habituelles et trop peu pour absorber une nouvelle hausse de leurs dépenses contraintes.

Bercy évalue à 9,1 milliards d’euros le coût d’une baisse des accises permettant de retirer 20 centimes au litre. Faute de moyens, l’exécutif conserve donc une aide forfaitaire. Son montant sera identique pour des bénéficiaires dont les distances parcourues, les véhicules et les dépenses diffèrent sensiblement.

La hausse des prix ne remplit d’ailleurs plus les caisses publiques. Depuis le début de la crise, les recettes supplémentaires de TVA ont été dépassées par les pertes d’accises, prélevées sur les volumes vendus. Au 20 septembre, Bercy annonçait un manque à gagner net de 407 millions d’euros. Les ménages réduisent leurs déplacements ; l’État perd des recettes au moment où il est sollicité pour les soutenir.


➡️ Le pétrole saoudien cherche une route sûre

L’annonce de la réouverture prochaine de l’oléoduc Est-Ouest saoudien a contribué à ramener le brut sous 100 dollars. Cette conduite permet d’envoyer le pétrole vers Yanbu, sur la mer Rouge, sans passer par Ormuz. Elle avait elle-même été frappée par des drones.

Une fois arrivé à Yanbu, le pétrole doit encore être transporté. Pour les navires prenant la route du sud, la menace se déplace vers Bab el-Mandeb, où les Houthis peuvent entraver la navigation. L’Arabie saoudite dispose d’une solution de contournement, mais sa sécurité dépend de plusieurs fronts militaires.

Les soutiens annoncés restent mesurés. Le Royaume-Uni propose une assistance logistique. La France envisage une contribution défensive à la protection des infrastructures énergétiques. Les demandes d’intervention adressées aux États-Unis par les alliés yéménites de Riyad sont restées sans réponse.

Les importateurs de pétrole restent ainsi exposés aux conséquences d’un conflit dans lequel leurs gouvernements hésitent à s’engager davantage. La remise en service d’une installation peut faire baisser les cours en quelques heures. Elle ne garantit ni le départ des cargaisons suivantes ni leur arrivée.

Flamanville : presque un an sans produire

L’EPR de Flamanville s’arrêtera samedi pour 350 jours. La visite est prévue dans le calendrier réglementaire des nouveaux réacteurs. Sa durée demeure exceptionnelle : les opérations comparables à Chooz et Civaux avaient pris entre 190 et 200 jours.

EDF annonce environ 20 000 opérations, jusqu’à 2 500 intervenants et 200 entreprises partenaires. Le couvercle de cuve, défectueux depuis sa fabrication, sera remplacé. L’électricien précise toutefois que cette intervention n’explique pas à elle seule la durée de l’arrêt, liée à l’ensemble des contrôles et à la complexité du réacteur.

Au moment de son arrêt, Flamanville aura produit 10 TWh, contre 14 TWh prévus lors de son raccordement au réseau. Sa puissance nette normalisée est fixée à 1 600 MW, après des annonces initiales plus élevées.

Ces écarts comptent dans l’économie du projet. Les dépenses de construction sont engagées ; leur amortissement dépendra de la production future. Après douze années de retard, cette première longue maintenance doit permettre d’obtenir une exploitation plus régulière. EDF devra en apporter la preuve alors que se prépare le financement des six EPR2.


➡️ Médicaments : les prix européens entrent dans les comptes américains

Deux contrats obtenus auprès de l’administration américaine précisent ce que Pfizer et Lilly ont accepté en échange de leurs accords avec Washington. Outre leurs engagements sur les prix pratiqués aux États-Unis, les laboratoires doivent reverser aux autorités américaines une partie des recettes supplémentaires obtenues par des hausses de prix à l’étranger.

Les taux de reversement ont été caviardés. Le contrat de Pfizer couvre le monde entier ; celui de Lilly ne concerne que certains pays, dont la liste reste confidentielle. Seuls deux accords sur vingt-sept sont connus. Il serait donc abusif d’attribuer les mêmes obligations à tous les laboratoires.

Pour ces deux entreprises, une hausse obtenue hors des États-Unis peut néanmoins alimenter directement les finances américaines. Washington a désormais un intérêt financier explicite dans certaines négociations entre les laboratoires et les acheteurs étrangers.

Les gouvernements européens abordent ces discussions avec des dépenses de santé croissantes et des budgets contraints. Au Royaume-Uni, la hausse de 25 % acceptée pour les nouveaux médicaments devrait représenter 3,5 milliards d’euros supplémentaires par an. Les industriels réclament parallèlement des prix plus élevés en Europe pour soutenir l’innovation et l’investissement. Les contrats américains obligent à examiner aussi la destination des recettes promises.


➡️ Sanctions : Paris et Washington négocient leurs exceptions

La France a obtenu le retrait d’Alicher Ousmanov de la liste européenne des personnalités sanctionnées. Elle espère son concours pour faire libérer des Français détenus en Azerbaïdjan. Le Luxembourg a demandé celui de Mikhail Fridman, qui lui réclame en justice la restitution d’avoirs estimés à plus de 15 milliards d’euros.

Les autres sanctions sont prolongées pour trois ans, contre six mois auparavant. Cette durée réduit le risque de blocages répétés entre les Vingt-Sept. Mais les deux retraits montrent aussi qu’un État membre peut obtenir une exception pour répondre à une préoccupation nationale, même lorsque ses partenaires la contestent.


➡️ Donald Trump cherche, de son côté, à acheter de la potasse biélorusse pour réduire la dépendance américaine au Canada, fournisseur de 80 à 90 % des volumes consommés aux États-Unis. Les sanctions américaines ont été assouplies dès mars. Les sanctions européennes empêchent toujours le transit habituel vers le port lituanien de Klaipėda.

Le prix annoncé par Minsk ne suffira donc pas à établir l’intérêt de l’opération. Il faudra organiser et payer le transport, ou obtenir de nouvelles concessions européennes. Le Canada fournit aujourd’hui un engrais dont Washington veut se passer pour des raisons politiques ; la solution biélorusse exige, elle aussi, des arrangements politiques.


➡️ Au Maroc, les chantiers ne résorbent pas le sous-emploi

Les Marocains renouvellent les 395 sièges de leur Parlement dans un pays où 2,9 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Depuis 2017, les créations d’emplois ont atteint seulement 22 000 par an en moyenne. La sécheresse a détruit plus d’un million d’emplois agricoles.

Les dépenses publiques liées aux préparatifs de la Coupe du monde pourraient dépasser 17 milliards d’euros entre 2024 et 2030. Les transports, les équipements urbains et les stades soutiennent l’activité. Leur construction ne résout toutefois pas le manque d’emplois durables pour les générations arrivant sur le marché du travail.

La répartition de l’investissement renforce une géographie économique déjà très concentrée. Trois régions représentent près de 60 % du PIB. Environ 72 % de la pauvreté multidimensionnelle se situe en milieu rural.

Ce décalage nourrit la défiance envers les promesses électorales. Les 18-24 ans représentent plus de 13 % des résidents en âge de voter, mais moins de 4 % des inscrits. Après les mobilisations de la jeunesse, les partis peinent à convaincre que les dépenses engagées amélioreront aussi l’accès à l’emploi, aux soins et à l’éducation.


➡️ Shein et Temu reculent, sans perdre leur poids commercial

En juillet, l’audience française de Shein a baissé de 42,3 % sur un an, celle de Temu de 36,4 %. Le recul était déjà engagé en juin. L’entrée en vigueur des droits européens sur les petits colis a pu l’accentuer ; les données disponibles ne permettent pas encore d’en isoler l’effet.

Shein, Temu et AliExpress conservent ensemble 25 % des achats d’habillement en ligne en volume, pour 13 % en valeur. Leurs prix restent donc un avantage commercial considérable. Une diminution des visites ne signifie pas une baisse équivalente des commandes, encore moins un report automatique vers les enseignes européennes.

Les plateformes préparent aussi leur adaptation en implantant des entrepôts dans l’Union. Pour juger les résultats des mesures européennes, il faudra suivre les marchandises effectivement importées, leurs prix et leurs conditions d’entrée, au-delà de la seule fréquentation des sites.


➡️

Les coupe-faim déplacent la consommation

Une enquête menée auprès de plus de 1 500 utilisateurs de traitements GLP-1 dans neuf pays mesure des changements déjà sensibles : les dépenses en fruits et légumes augmentent de 15 %, celles en vêtements de 19 %, tandis que les achats de sucreries reculent de 14 %. Les occasions mensuelles de consommation hors domicile passent de onze à cinq sous traitement.

Les effets débordent donc largement le marché pharmaceutique. La restauration rapide perd des occasions d’achat. L’habillement bénéficie du renouvellement des garde-robes, mais doit adapter ses tailles et ses stocks. Les compléments alimentaires et les produits protéinés attirent une part des dépenses.

Ces résultats décrivent les utilisateurs interrogés, pas l’ensemble des consommateurs. Ils donnent néanmoins aux entreprises des indications concrètes sur les évolutions possibles de leur clientèle. Pour un fabricant de vêtements, vendre davantage ne suffit pas si les entrepôts restent remplis de tailles qui ne se vendent plus.

 
 
 

Commentaires


bottom of page