Aujourd’hui dans l’actualité
22 septembre 2026
➡️ Washington veut une Europe mieux armée et cliente de ses industriels
La rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron à New York intervient sur fond de conflit commercial autour du réarmement européen. Washington menace de représailles si Bruxelles étend la préférence européenne dans les achats de défense. Le fonds SAFE, doté de 150 milliards d’euros, impose déjà que 65 % des équipements financés proviennent du continent et que les bénéficiaires ne soient pas contrôlés par des pays tiers.
Les États-Unis fournissent 49 % des armes achetées en Europe. L’augmentation des budgets militaires européens représente donc un débouché considérable pour leurs industriels. Une part de cet argent pourrait désormais financer des concurrents européens : c’est ce que Washington cherche à empêcher.
L’implantation d’usines américaines en Europe ne règle pas toute la question. Des équipements assemblés sur le continent peuvent rester soumis aux autorisations américaines d’exportation. Les Européens doivent arbitrer entre la disponibilité immédiate des armes, leur origine industrielle et la liberté de les utiliser ou de les transférer. Acheter européen suppose aussi de financer les capacités de production nécessaires pour livrer à temps.
➡️ Groenland : Copenhague cherche à encadrer la présence américaine
Le Danemark, le Groenland et les États-Unis doivent signer un accord de sécurité à New York. Son contenu reste confidentiel. Copenhague affirme vouloir confier un rôle central à l’OTAN, tandis que Donald Trump revendique un « contrôle permanent » américain sur la sécurité de l’île.
Les États-Unis disposent déjà de la base de Pituffik, dans le cadre de l’accord de défense de 1951. Les négociations concernent notamment les droits d’accès, les survols, l’extension éventuelle des installations et le contrôle des investissements.
En mobilisant l’OTAN, le Danemark cherche à associer les autres alliés à des décisions que Washington voudrait prendre directement avec lui. L’efficacité de cette protection dépendra des dispositions de l’accord et des moyens militaires effectivement engagés. Aucune enveloppe ni aucun calendrier précis n’ont été annoncés.
➡️ Merz : une faiblesse allemande qui pèsera sur les négociations européennes
Seize mois après son arrivée au pouvoir, Friedrich Merz ne recueille plus que 10 % d’opinions favorables ; 88 % des Allemands se déclarent insatisfaits de son travail, selon Forsa. La CDU passe sous les 20 % dans les intentions de vote nationales. Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle tombe sous les 5 % et disparaît du parlement régional.
La coalition se divise sur le rythme des réformes. La suppression de la retraite anticipée sans décote à 63 ans après 45 années de travail suscite une forte opposition, notamment à l’Est. Les sociaux-démocrates demandent des ajustements ; le patronat réclame une accélération pour réduire le coût du travail.
Cette fragilité intervient pendant la négociation du budget européen 2028-2034. Merz défend des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros, mais devra pouvoir faire accepter chez lui le compromis final. Sur la Chine, les intérêts divergents de l’automobile et de la chimie compliquent également la définition d’une position allemande. Les partenaires européens négocient avec un gouvernement dont la capacité à tenir ses engagements devient moins prévisible.
➡️ Carburants : Paris cherche du volume supplémentaire
Emmanuel Macron estime que 4 à 5 % des capacités mondiales de raffinage, environ 4 millions de barils par jour, pourraient encore être perdues. Dans sa lettre à Ursula von der Leyen, il signale des difficultés croissantes pour confirmer les livraisons des prochaines semaines.
Paris propose d’assouplir certaines spécifications du kérosène et du gazole. L’Élysée avance des gains de rendement en raffinerie de 5 à 20 %. Autre piste : passer du diesel B7 au B10, avec jusqu’à 10 % de biogazole incorporé, afin d’utiliser moins de gazole fossile. L’homologation des constructeurs demeure indispensable.
La France demande aussi de reporter d’un an les obligations de transmission d’informations prévues par le règlement européen sur le méthane. Ces propositions font porter l’ajustement sur les normes et les approvisionnements, dans un contexte où les marges budgétaires limitent les aides à la consommation. Leur effet sur les prix dépendra des volumes réellement disponibles et des délais de mise en œuvre.
➡️ Agriculture : le besoin de trésorerie précède l’adaptation
Les pertes agricoles sont estimées entre 10 et 15 milliards d’euros après la sécheresse et les canicules. Le plan d’urgence annoncé le 4 septembre atteint 1,3 milliard, auquel doivent s’ajouter les indemnisations des assurances et les contributions des collectivités.
La Confédération générale des planteurs de betteraves estime que 20 000 hectares, soit 5 % des surfaces françaises, ne pourront pas être récoltés. Elle chiffre à 1,5 milliard d’euros le manque à gagner pour l’ensemble de la filière. Le déficit de fourrage menace aussi l’alimentation des troupeaux durant l’hiver 2026-2027.
Les demandes syndicales portent sur l’avance des aides de la PAC et la restructuration des dettes fournisseurs. Une exploitation privée de recettes doit continuer à payer ses charges et financer la campagne suivante. Les investissements d’adaptation nécessitent plusieurs années ; certaines trésoreries ne permettent déjà plus d’attendre les versements d’octobre.
Le gouvernement prépare un plan de relance pour 2027 sans augmentation du budget du ministère de l’Agriculture. Son financement supposera donc des redéploiements, alors que l’urgence absorbe une part croissante des ressources disponibles.
➡️ Shein : le recul des colis ne mesure pas celui des ventes
Les douanes constatent une baisse de 30 à 40 % des arrivées de petits colis dans les aéroports français depuis l’instauration du prélèvement de 3 euros. En juillet, l’audience française de Shein recule de 42,3 % sur un an ; celle de Temu, de 36,4 %. Les données de ventes montrent une baisse beaucoup plus limitée.
Shein reste le deuxième distributeur de vêtements en volume en France sur les sept premiers mois de l’année, derrière Kiabi. Ensemble, Shein, Temu et AliExpress représentent 23 % des articles textiles vendus en ligne en juillet, contre 25 % sur les sept premiers mois. Leur part en valeur passe de 15 à 13 %.
L’entrepôt polonais de Shein permet de contourner en partie le prélèvement. Les chiffres aéroportuaires français ne permettent donc pas de conclure à un effondrement des commandes. Ils mesurent aussi les adaptations logistiques. Pour évaluer la taxe, il faudra suivre les ventes livrées aux consommateurs français, quel que soit leur point d’entrée en Europe.
➡️ Arrêts maladie : l’économie demandée reste à répartir
Les indemnités versées par la Sécurité sociale ont dépassé 16 milliards d’euros en 2025. Le gouvernement veut obtenir au moins 600 millions d’économies par la négociation avec les partenaires sociaux, dans un objectif total d’environ 2 milliards en 2027.
L’exécutif souhaite décourager les arrêts courts et mieux protéger les arrêts longs. Or ces derniers concentrent la dépense. Leur réduction suppose des prises en charge adaptées, des aménagements de poste et des possibilités de retour au travail.
Augmenter les jours de carence peut diminuer la facture de la Sécurité sociale sans réduire le coût global de l’absence : selon les règles retenues, celui-ci est reporté sur l’employeur ou sur le salarié. La négociation devra préciser la part d’économies obtenue par une baisse des arrêts et celle résultant d’une moindre indemnisation.
➡️ Mineurs et réseaux sociaux : les conditions changent la portée des annonces
Meta a conclu avec 47 États américains un accord de 17 milliards de dollars. Cinq milliards sont conditionnés à l’application de règles comparables par ses concurrents. Le dispositif prévoit deux heures quotidiennes au total sur Instagram et Facebook pour les adolescents, avec une coupure entre minuit et 6 heures.
Cette condition protège aussi la position commerciale de Meta. Aux États-Unis, 63 % des 13-17 ans utilisent Instagram, contre 68 % pour TikTok et 92 % pour YouTube. Une restriction isolée pourrait déplacer leur temps d’attention vers les plateformes concurrentes.
En Australie, l’usage déclaré des réseaux sociaux par les moins de 16 ans est passé de 85,9 à 81,5 % trois mois après leur interdiction. L’accès par un proche, les VPN et les limites des contrôles d’âge réduisent la portée de la mesure. L’Europe prépare à son tour des restrictions : leur efficacité dépendra des obligations de vérification imposées aux plateformes et des contrôles exercés sur le



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