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Analyse de l’actualité du 16 sept

Alexandra Richert
il y a 5 minutes
4 min de lecture

La croissance tient. Les écarts se creusent.

La Banque de France maintient 0,4 % de croissance en 2026 et prévoit 0,9 % en 2027. Pas de récession dans son scénario, mais peu de ressort : consommation sans véritable élan, investissement prudent, chômage attendu en hausse.


Dans le même temps, l’inflation remonte à 2,4 % sur un an en août, après 2,1 % en juillet. Le mouvement vient notamment de l’énergie : +16,7 %. Les produits pétroliers augmentent de 28,7 %, le gazole de 36,4 %, l’essence de 19,1 %. Les produits frais progressent de 5,9 %.

Quatre dixièmes de croissance avec des coûts énergétiques qui repartent fortement : l’équation de rentrée tient dans ce rapprochement.


L’artisanat réduit la voilure

L’enquête relayée par la Chambre de métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur porte sur 2 000 entreprises, dans une région qui en compte 265 000

43 % des artisans interrogés déclarent une baisse d’activité, soit 13 points de plus. 39 % seulement jugent leur niveau d’activité suffisant.

L’investissement recule : 32 % ont réalisé des dépenses d’investissement, 9 points de moins en un an. La part de ceux qui pensent maintenir ou augmenter leur activité au second semestre est passée de 75 % en 2023 à 66 % aujourd’hui. Un quart seulement prévoit d’investir dans les six prochains mois.

Les raisons invoquées dessinent assez précisément la pression subie : 62 % citent les matières premières, près de la moitié le carburant, 49 % le contexte international.


Les données nationales de croissance disent que l’économie tient. Celles de l’artisanat montrent à quel prix une partie du tissu productif y parvient : moins d’investissement, des perspectives dégradées et des coûts qui remontent.


Être payé : amélioration générale, écarts persistants

Un indicateur va dans le bon sens. Selon Altares, le retard moyen de paiement est revenu à 12,3 jours, contre 14,1 jours un an plus tôt. 49,7 % des entreprises paient désormais leurs fournisseurs à l’échéance, contre 45,2 % auparavant. Les retards supérieurs à trente jours représentent 7,5 % des paiements, contre plus de 9 % un an plus tôt.

La moyenne masque cependant une différence de taille.

Les entreprises de moins de neuf salariés affichent 11,7 jours de retard ; celles de 10 à 49 salariés, 11,1 jours. Pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, on monte à 19,6 jours. Dans les hôpitaux publics, le retard dépasse 24 jours.


Le délai de paiement baisse donc en France, sans effacer le déséquilibre entre ceux qui règlent et ceux qui attendent le règlement.


300 000 entreprises artisanales à transmettre

Le chiffre est moins immédiat que celui de l’inflation, mais probablement plus structurant.

Sur les 500 000 entreprises qui devront être transmises en France dans les dix prochaines années, 300 000 sont artisanales. Pour la seule région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 54 000 dirigeants sont concernés.

Or la transmission n’est envisagée que par 8 % des artisans interrogés, alors que 15 % ont plus de 60 ans.

La faiblesse de l’investissement rencontre ici la démographie des dirigeants. Il ne s’agit plus seulement de savoir si les entreprises traverseront le ralentissement, mais combien auront un repreneur lorsqu’arrivera le départ de leur dirigeant.


À l’autre bout de l’économie, les investissements changent d’échelle

À Toulouse, Airbus ouvre un nouveau centre de livraison de 35 000 m² pour accélérer les livraisons de l’A321neo et accompagner la montée en cadence du programme.

TotalEnergies engage de son côté 100 millions d’euros dans l’extension de son partenariat avec Mistral AI. L’intelligence artificielle doit notamment être utilisée pour exploiter les données géologiques, améliorer l’exploration et optimiser la production de pétrole et de gaz.

En Chine, UBTech pousse la logique industrielle beaucoup plus loin. À Liuzhou, des machines autonomes participent à l’assemblage et au transport des robots humanoïdes produits par l’usine. Le constructeur vise une capacité de 10 000 robots par an.

Trois informations très différentes, mais un même mouvement : capital, automatisation, intelligence artificielle et capacité de production deviennent indissociables.


L’industrie française n’avance pas d’un seul bloc

La même édition de La Tribune raconte aussi l’histoire inverse.

Fibre Excellence obtient du tribunal de commerce de Toulouse trois mois supplémentaires pour trouver un repreneur à son usine de pâte à papier de Saint-Gaudens.


D’un côté, Airbus ajoute des capacités et TotalEnergies finance l’IA. De l’autre, une usine cherche le temps nécessaire à sa survie. Entre les deux, des centaines de milliers d’entreprises artisanales investissent moins et approchent, pour une partie d’entre elles, du moment de leur transmission.


L’IA sort des laboratoires

Le Figaro consacre également une page à la sécurité des modèles d’intelligence artificielle. Anthropic et OpenAI ouvrent davantage leurs modèles à des évaluations indépendantes alors que les entreprises qui développent les systèmes les plus avancés cherchent à organiser leur contrôle.


La Tribune, elle, décrit une étape supplémentaire : des agents IA placés pendant quinze jours dans des mondes virtuels, chargés d’y agir avec une intervention humaine limitée.


Ce ne sont déjà plus les mêmes questions qu’il y a deux ans. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que produit une IA générative. Les sujets deviennent l’autonomie des systèmes, leur contrôle et leur insertion dans des processus industriels réels.


Deux vitesses apparaissent dans les chiffres

La photographie de cette rentrée n’est donc pas celle d’une économie uniformément en panne.

La Banque de France voit encore 0,4 % de croissance. Les délais de paiement s’améliorent. Airbus augmente ses capacités. TotalEnergies finance l’IA. Les industriels chinois préparent la production en série de robots humanoïdes.

Mais, au même moment, 43 % des artisans interrogés signalent une baisse d’activité, seuls 32 % investissent, les coûts énergétiques repartent et 300 000 entreprises artisanales devront changer de mains dans les dix prochaines années.

Le chiffre national reste positif. Sous la moyenne, les trajectoires s’éloignent.


La question économique de la rentrée est peut-être là : combien d’entreprises auront encore les moyens d’investir pendant que les autres accélèrent ?

 
 
 

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